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La chanson de Lucy, par Mumu

DVD Plastic Ono Band
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Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française
Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française

Artistes sous influence : MeeK
Cet artiste est le coup de coeur de Lucy ! Largement influencé par les Beatles, mais aussi les Beach Boys ou plus près de nous, Laurent Voulzy, il compose une pop mélodique digne des plus grands.
Découvrez sa musique qui mérite tous les succès !

Interview


Lucy : Meek, pour débuter, d'où te vient ton nom ? Est-ce pour éviter de devenir un second JPP ?

Meek : Dès que j'ai compris que je voulais être musicien et chanteur, j'ai su que je ne pouvais pas garder mon vrai nom d'Etat Civil. Parce que ça n'allait pas avec ma démarche artistique : dans la musique que je voulais faire, il était beaucoup question d'illusions, de mirages, de choses qui n'existent pas et de rêves. Il fallait donc un nom qui soit également "inventé", qui ne prenne surtout pas appui dans le réel. Il fallait aussi qu'il soit facilement mémorisable et qu'il puisse éventuellement traverser toutes les frontières, on ne sait jamais...
Et là, le premier mot qui m'est venu à l'esprit, c'est ce drôle de petit nom, "Meek". Il se trouve qu'en anglais ça veut dire quelque chose entre "doux/fragile/délicat", et c'est assez dans la couleur musicale qui est la mienne, en gros. Et puis bien que de nationalité française, je suis bilingue avec l'anglais depuis l'enfance, donc un petit nom anglais m'allait plutôt bien. Et puis c'est suffisamment mystérieux pour me plaire. (De toute façon, JPP ne sont pas mes vraies initiales non plus, mais celles d'un pseudo qu'on me donne depuis la Fac... J'ai tendance à être d'un naturel très "auto-protecteur", toujours caché derrière quelque chose.)


Lucy : Comment t'es venu le déclic pour la musique, et dans quelle mesure les Beatles y ont contribué ?

Meek : Aussi loin que je me souvienne, la première (et peut-être la seule?) chose qui m'ait plu dans la vie, c'est la musique. Mes parents me racontent souvent que quand j'étais bébé, dès que j'entendais de la musique je faisais swinguer mon landau en frappant des pieds! On voyait mon landau bouger tout seul dans le jardin... C'était moi dedans qui battait la mesure comme un dingue! La première fois que j'ai entendu les Beatles consciemment, j'avait 6 ans, je m'en souviens comme si c'était hier, c'était "Hello, Goodbye" à la radio... Appel du Ciel, révélation. Je n'ai jamais pu me l'expliquer mais j'ai immédiatement senti que ces gens étaient "de ma famille"... Et je n'avais que 6 ans! Je me suis instantanément senti très proche d'eux à tous les points de vue. Je me suis dit "je veux être ça, cette chose dans le poste qui fait ce joli son"...
Et depuis, mon envie n'a pas changé. Mes parents sont pile-poil de la génération Beatles/Mai 68, j'ai baigné dedans en quelque sorte. Le fait est que par la suite, je me suis toujours senti profondément étranger à la musique de ma génération (je suis né en 1971). Je suis une espèce d'OVNI en fait! Vraiment une erreur!
Le Rap, l'Electronique et toutes ses variantes, le R'n'B, ça ne m'a jamais intéressé parce que ça ne fait pas vraiment dans la mélodie, ni vraiment dans l'harmonie. Et quand c'est un peu mélodieux, en général c'est un sample, c'est-à-dire un mec qui a carrément volé des bouts d'un disque qu'un autre mec avait fait avant lui en utilisant de vrais instruments, lui... Autrement dit, c'est du vol. Pur et simple! MC Solaar a fait un hit il y a quelques années en repiquant les 4 mesures principales d'une chanson de Gainsbourg, mais pour moi c'est Gainsbourg qui a du talent dans l'histoire, pas Solaar! C'est une musique qui ne crée pas de musiciens, dans le meilleur des cas elle crée de bons techniciens, nuance! (ou de bons voleurs...)
Le Rap, c'est encore autre chose... Le Rap me fait gerber depuis le premier jour. Et il y a un truc qui me fait encore plus gerber que le Rap, c'est les rappeurs! Je déteste leur attitude, leur esthétisme, la mentalité qu'ils dégagent 9 fois sur 10... Ce mélange de bêtise à l'état brut, de machisme imbécile, d'homophobie, de violence... Sans déconner, je trouve qu'un certain nombre de rappeurs ont une mentalité tout aussi puante et finalement tout aussi fasciste et dangereuse que celle des Le Pen et compagnie... Pour un qui semble intelligent, combien passent leur temps à aboyer des horreurs agressives ou des trucs haineux?
Enfin tout ça pour dire que la Pop mélodique est pour moi tout ce que j'aime, et que j'aurais bien préféré avoir 20 ans dans les Sixties plutôt que dans les Nineties! Et pour moi les Beatles étaient les plus grands, point final. Alors si on veut faire de la musique populaire sans tomber dans la Chanson Française classique, autant prendre exemple sur eux. Y'a pas photo si je puis dire...
En ce sens, ma culture musicale est presque entièrement anglo-saxonne, et pas française. Mais tout de suite après les Beatles, mon panthéon accueille les Beach Boys (pour moi les seuls rivaux sérieux des Beatles), the Mamas and the Papas, Paul Simon et Kate Bush (lourdement ignorée). Et puis Enya aussi, une mélodiste prodigieuse qui a inventé un son carrément magique, qui n'appartient qu'à elle. Et en ce qui concerne la France, j'ai deux noms : Julien Clerc et Laurent Voulzy, superbement ignorés voire honnis par ma génération, alors qu'ils sont vraisemblablement les deux plus grands MELODISTES français vivants, chose que personne n'ose jamais dire. Alors je le dis.


Lucy : Se revendiquant comme toi des Beatles, Oasis ou Cotton Mather entre autres ont électrisé leurs compositions. Tu as pris le parti d'une musique plus pure, loin des guitares saturées, qu'est-ce qui a motivé ce choix ?

Meek : Mon goût personnel d'abord, et puis ce que je suis profondément. Je n'ai jamais aimé les guitares saturées, ou alors un tout petit peu. Je trouve que rien n'est plus magique, plus brillant et plus gracieux que le son d'une guitare acoustique. Rien n'est plus élégant et fort que le son d'un piano ou d'un cors anglais. La plus violente des guitares saturées n'égalera jamais la puissance d'une section de cordes ou le souffle d'un mur d'harmonies vocales.
Et puis ce qui a toujours guidé mes pas dans la musique, c'est la recherche mélodique, et l'harmonie justement. Ce sont vraiment les deux éléments ESSENTIELS à mes yeux. Et à mon humble avis, les sons qui se prêtent le mieux à ce genre de démarche sont les sons "purs", "aériens" je dirais... J'ai toujours été profondément "pop", définitivement pop.
Par opposition au "Rock" qui se borne à créer de l'énergie pure, et à faire de la rage le seul mètre-étalon... Ce qui me touche, c'est la beauté d'une harmonie, la délicatesse de deux accords qui se suivent. Je recherche la force à travers la grâce, pas l'énergie ni la fureur, parce qu'elles ne sont pas un but en elle-mêmes pour moi. Je trouve qu'écrire une belle mélodie qui n'existait pas avant est plus difficile et plus satisfaisant que de cracher une rage pseudo virile dans un micro sur fond de guitares énervées... Peut-être que ce choix esthétique m'isole encore un peu plus de la mouvance globale : j'ai remarqué que beaucoup de gens en France avaient des à-prioris plutôt négatifs et injustes sur la musique "douce" ou pop, elle leur paraît très vite "mollassonne", "variétoche" voire "facile et gnan-gnan"... Ce qui est navrant comme jugement, je trouve. C'est le genre de propos que j'ai souvent entendus autour de moi. Combien de fois ai-je entendu des français dire que les Stones étaient "meilleurs" ou "plus intéressants" que les Beatles parce qu'ils étaient "plus rock" ou "plus pêchus". Beaucoup ne se rendent pas compte qu'il est souvent beaucoup plus difficile d'écrire une belle mélodie douce et subtile qu'un gros rock basique qui tache. Pour résumer ma pensée, je crois sincèrement qu'il faut infiniment plus de talent pour pondre la mélodie et l'arrangement d'un "Eleanor Rigby" que pour dégueuler un "Anarchy In The UK". On ne parle pas de la même catégorie de compositeurs, là! Ni même de la même catégorie de talent. Et ce "snobisme rock" hautain et assez méprisant qu'adoptent bon nombre de critiques musicaux vis-à-vis de ce qui est doux, ou mélodieux ou pop me fait bondir. Moi je veux gueuler ça de toutes mes forces!! Je trouve que, contrairement à ce qu'il est convenu de dire bêtement, l'album "Imagine" de John Lennon est bel et bien son album le plus talentueux, bien plus que son fameux "Plastic Ono Band" qui sur une dizaine de titres ne contient en gros qu'une seule vraie mélodie ("Love")! Je suis désolé! Oui "Plastic Ono Band" a un parfum de sincérité, oui il est brut de décoffrage, oui on y entend un Lennon qui souffre, mais le fait de hurler comme un dingue sur 2 accords saturés n'est pas suffisant à mes yeux pour créer une belle chanson, point final! Le plus grand talent de Lennon résidera toujours pour moi dans la magie et dans l'émotion universelles que dégagent ses "Jealous Guy", ses "Woman", ses "Imagine", ses "Grow Old With Me" ou ses "N°9 Dream"! Et certainement pas dans les beuglements hystéros de ses "Well, Well, Well" ou ses "I Found Out" chiants, agressifs et finalement plutôt faciles!


Lucy : Dans le classique débat Lennon vs McCartney, tu sembles clairement être pro-Paul, peux-tu nous parler de tes goûts en matière de Beatles ?

Meek : Je dirais que sur un plan purement musical, je NE PEUX PAS choisir entre John et Paul. Tout simplement parce que je crois qu'ils formaient l'Alchimie Parfaite, et que par dessus le marché chacun des deux excellait sur le terrain de l'autre...
C'est vrai que c'est John, et non Paul, qui a écrit sans doute la chanson des Beatles la plus sucrée ("Good night") et que c'est Paul tout seul qui a fait certainement la plus violente ("Helter skelter")...
A mes yeux, et si on considère l'Histoire du Rock ou de la Pop, John a ecrit la plus grande chanson politique ("Imagine"), la plus grande chanson d'amour ("Woman"), et Paul la plus grande chanson mélancolique ("Yesterday") ainsi que la plus grande chanson d'amour ex-aequo avec "woman" ("Here, there and everywhere"). Donc le choix entre les deux est impossible. Ils sont les deux moitiés d'une même pomme.
Si je dois parler de ma démarche artistique personnelle, et puis sur un plan carrément humain, je suis forcé d'avouer que je me sens depuis toujours incroyablement proche de Paul McCartney. Je n'ai jamais essayé de comprendre pourquoi. Et je ne peux pas dire que c'est du mimétisme, parce que je ne l'ai jamais fait exprès. J'écris la musique que j'écris de manière naturelle, sans essayer de reproduire quoi que ce soit. Et quand je la ré-écoute, je suis bien obligé de constater que ce n'est pas du Iggy Pop.


Lucy : Tu définis toi-même tes textes comme empreints "de folie, d'humour triste et d'acidité", peux-tu nous en dire plus à ce propos ? Quels sont les messages que tu souhaites faire passer à travers tes compositions ?

Meek: Ben en fait, je pense qu'on a trop envoyé de "messages" dans les chansons par le passé. Je pense que si des chansons quelles qu'elles soient avaient dû un tant soit peu changer le monde, le "Imagine" de John l'aurait amplement fait... Or, on ne peut que constater que l'Humanité reste largement aussi belliqueuse aujourd'hui qu'elle pouvait l'être en 1971... Donc je n'envois pas de messages appuyés de manière claire dans mes chansons... Tout au plus, je donne des petites indications, je raconte des petites histoires.
Par exemple dans la chanson "The Kick", je m'adresse à celui ou celle qui m'écoute et je lui dis qu'il est inutile de se laisser aller à la tristesse et au découragement, qu'à moins de se suicider on est bien forcé de faire avec, de continuer le parcours et qu'au bout du compte on y trouvera forcément quelque chose de bien... Mine de rien c'est une chanson d'espoir!! Genre "puisque la vie est une chienne et qu'on ne peut pas y faire grand chose, autant s'asseoir calmement, regarder la mer et reprendre un After Eight à la menthe"!
Dans "Tulipe, Tulipe", je raconte l'histoire de cette tulipe "en fer forgé" qui se fait couper par les voisins parce qu'ils la trouvent trop "singulière"... C'est une chanson sur l'intolérance en quelque sorte. Mais évidemment, je ne peux pas écrire un truc à la Patrick Bruel ou à la Obispo du style "Qui a le droit de faire ça à un enfant?!! Pourquoi la guerre?!! Pourquoi le sang?!! Pourquoi je t'aime et que toi tu m'aimes pas que quand je t'aime que je sais si tu m'aimes avec une autre et que y'a trop de gens qui t'aiment???!!!"
Non, mon écriture à moi passe par des images mentales, des détournements un peu fous. De la distorsion. J'adore ça. Ma chanson qui se rapproche le plus d'une chanson d'amour, c'est sans doute "J'aime bien quand tu pleures" où je dis que le "Mascara te fait des tâches qui te donnent l'élégance d'une vache"... Qui est une façon de dire "je t'aime" en fait...
Ma plus grande influence pour les paroles, c'est sans doute Etienne Roda-Gil, qui a écrit toutes les premières chansons de Julien Clerc, l'idole de mon enfance. Les textes de Roda étaient des joyaux, de la poésie pure, brutale. Cet homme a une écriture hallucinée que je trouve délicieuse. C'est un mélange de poésie énigmatique héritée des grands surréalistes espagnoles, de mots incongrus et de références géographiques ou historiques incroyablement romanesques. J'ai été lourdement touché par ce style d'écriture, parce que c'est un voyage, c'est un style de texte qui t'emporte et qui change ton univers. Je ne suis pas intéressé par les trucs banals qu'on nous sert partout et les clichés qu'on a déjà entendus des milliards de fois. Sincèrement, je n'arrive pas à comprendre comment un artiste peut se satisfaire d'écrire la 50 millionième chanson qui s'appelle "Je T'Aime"... Et Dieu sait qu'il y en a... Je comprendrai jamais ça...
Je parle beaucoup de folie dans mes textes parce que je trouve que par la folie on peut accéder à une forme de poésie. Par "folie" j'entends des idées et des phrases singulières, un peu "choc", un peu malsaines, mi-humoristiques mi-dérangeantes. Il y a aussi une petite composante presque violente à mon écriture. Il y a des "coups de cric", des "imbéciles", des "crétins et leurs crétineries" et des choses un peu dures...


Lucy : Après l'album pop mélodique "Psychotique", et le récent album tribute Beatles, comment envisages-tu ton prochain album ?

Meek : La question me flatte, mais elle est un tout petit peu prématurée, parce que pour l'instant le but de notre manoeuvre est de faire sortir mon "Psychotique" (album 15 chansons). Mon manager Thierry Bossot et moi-même allons créer un petit label indépendant qui s'appellera "Bedroom". "Psychotique" sortira dessus. Nous sommes en pourparlers avec 5 distributeurs, dont 2 au Japon, un aux USA et un au Québec! C'est très long, très difficile. Mais l'album sortira, coûte que coûte, c'est sûr à présent. Cela dit, je peux vous confier que mes trois prochains albums sont déjà écrits!! J'ai beaucoup, beaucoup de chansons d'avance. L'album de reprises Beatles était un petit plaisir pour moi et un petit cadeau pour mes amis, dont vous, gens tout bleus de Lucy!!!


Lucy : Après avoir pu t'écouter sur Lucy, aurons-nous bientôt la chance de pouvoir t'applaudir lors d'une représentation ?

Meek : Pour le moment présent, je suis un garçon reclus. Un peu par goût naturel, et puis aussi par la force des choses... Le style de musique que je fais, allié au fait que sur mes enregistrements je fais tout tout seul et que je n'aie donc pas de groupe, fait qu'il m'est pour l'instant très difficile de me produire en live. Le "réseau" des concerts en salles, des festivals, des MJC et autres est un réseau presque exclusivement tourné vers les groupes rock, deux choses que précisément je ne suis pas. Et comme je vous l'ai sous-entendu plus haut, ce n'est pas un milieu particulièrement ouvert, ni même tolérant, envers tout ce qui n'est pas estampillé "groupe de la Scène Rock"... Je vous assure que ce n'est pas de la paranoiä, j'ai déjà eu affaire a plusieurs de ces charmants jeunes gens, j'ai appris à connaître leur mentalité.
Cela dit, j'ai déjà fait pas mal de scène. Lorsque j'habitais à Londres après mes études, j'ai fait parties de deux groupes pop : Tin Can Heart, et Elsewhere. On chantait les Who (!) et leurs chansons. J'ai également fait un certain nombre de concerts "unplugged" si je puis dire avec le répertoire des Beatles, mais c'est une époque un peu révolue... En tout état de cause, c'est seulement après la sortie de mon album que je pourrai envisager la scène. A ce moment, toutes les conditions seront réunies. Il faudra que ce soit "exceptionnel", dans le sens "rare". Faudra que ce soit du beau, du qualitatif... On verra bien.




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